Quand on explore rétrospectivement le monde des sports de combat ou des arts martiaux (la frontière n'est pas toujours très nette), on découvre, d'un côté, des experts qui font étalage de multiples victoires en combat au K.O., sur un ring ou dans une cage, voire dans la rue, de l'autre côté, des maîtres dont la technique se pare d'un discours pacifique. ہ l'entraînement, la supériorité des uns ou des autres n'est pas flagrante, mais les premiers prétendent avoir l'expérience du vrai combat. Qu'est-ce qu'un vrai combat ? C'est un combat pour la vie ; or ni les uns ni les autres n'ont généralement connu cette épreuve (je ne connais que le Coréen Lee Kwan-Young dans ce cas). Bien sûr, il peut être tentant, pour un karatéka de tester la valeur de sa technique, mais que va-t-il tirer de cette expérience ? Une petite satisfaction pour l'ego ! Il aura surtout contribué à rendre le monde encore plus violent. Ce n'est pas là le but des arts martiaux qui prônent sérénité, humilité, courtoisie, compassion et dont le principal secret réside dans l'éradication de l'ego. Le monde est malade de violence. Le maître d'art martial ne doit pas être un vecteur de la violence, mais un médecin spécialiste de la violence. Un bon médecin n'a pas besoin d'être malade pour savoir guérir.
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